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Chapitre 2

L'éveil

De la découverte à la prise de recul.

Période : fin 2022 - fin 2024

Entre la sortie de ChatGPT fin 2022 et la fin 2024, je n’ai pas encore de méthode. Je tâtonne, je découvre, je prends des habitudes qui finiront par poser un problème. Une idée s’installe peu à peu : ce qui fait la qualité d’une IA codeuse, ce n’est pas le modèle, c’est le contexte qu’on lui donne.

Fin 2022 : la première claque (GPT-3.5)

Le 30 novembre 2022, ChatGPT sort. Je teste dans la foulée et j’y passe des heures. Première session intensive avec GPT-3.5 : génération de musiques, de textes, de bouts de code, tests dans tous les sens. À ce moment-là, je suis surtout curieux : est-ce que cette techno aide vraiment à coder ? Réponse courte : oui, mais pas sans garde-fous.

Les premiers scripts sont parfois impressionnants, mais l’outil invente aussi des API, des imports inexistants et des anti-patterns. La leçon tombe vite : l’IA produit, mais il faut vérifier. Le contrôle humain reste central.

2023 : GPT-4, Cursor et le contexte qui entre dans l’éditeur

Le 14 mars 2023, GPT-4 sort, et là je sens une vraie rupture. Dès les premiers tests, le modèle comprend mieux, raisonne plus loin et écrit du code plus cohérent. C’est la première fois que je me dis : « L’IA commence à coder presque comme un collègue. »

Peu après, je découvre Cursor. L’IA n’y ressemble pas à un plugin collé sur l’éditeur : elle est au centre de l’expérience. Je l’adopte. Ce qui m’accroche, c’est l’autocomplétion : elle n’est plus seulement syntaxique, elle commence à s’adapter au projet.

L’autocomplétion existe depuis longtemps dans les éditeurs : tu tapes le début d’un mot, l’outil complète. Avant l’IA, ça restait basique, surtout des mots-clés déjà présents dans ton code. Avec l’IA, ça change d’échelle : elle anticipe, propose des fonctions entières, et s’adapte au projet. C’est une aide continue, utile mais exigeante : la qualité dépend du contexte que tu donnes (noms de variables et fonctions, commentaires, pseudo-code), pas seulement du modèle.

C’est dans ce cadre que le sujet se déplace : ce qui compte, ce n’est plus seulement le modèle, mais ce que l’éditeur lui laisse voir du projet.

2024 : maturation

En 2024, par prudence, je n’utilise pas l’IA directement sur les codebases de mes projets pro. En revanche, je continue en parallèle : snippets, brainstorming, et surtout reformulation.

J’observe aussi le quotidien des grandes entreprises. J’y retrouve les cérémonies et rituels devenus standards pour synchroniser les équipes. Je prends du recul sur cette mécanique : elle est utile, mais le “coût de coordination” pour garder tout le monde aligné reste bien réel.